Lors du dernier rendez-vous, ma gygy a eu une idée qui lui a traversé l’esprit… mais on pourrait faire une hystéroscopie à cette patiente chez qui les embryons s’obstinent à ne pas s’accrocher…

C’est comme çà que je suis ressortie avec une ordonnance me disant de prendre rv entre le 6è et le 12è de mon cycle pour une hystéroscopie (HSC) diagnostique, auprès du secrétariat de gynéco du centre PMA.

Le cycle suivant arrive en décembre. Dès J1, je téléphone pour ce rv.
Et je m’entends dire par la secrétaire « mais on n’a plus de place la semaine prochaine ; il faut prendre pour janvier »
Ah ? Mais je suis prévue en FIV en janvier !! et de toute manière, je serai dans la même situation, à appeler une semaine avant et je suis sûre que les places seront aussi prises…
« Mais posez votre date maintenant ! »
ah ? Mais je ne connais pas la date de mes prochaines règles.
« Bah, posez un rv et au pire, vous annulez » (oui, au pire, je suis à nouveau marron). Grande dame, elle me donne 2 rv et me répète 3 fois de penser à annuler l’un des deux.

Quand même… ma FIV en janvier…
Je lui demande si les cabinets de radio font cet examen. Elle ne sait pas trop, elle ne pense pas.

Bon, qui ne tente rien, n’a rien.
Je téléphone à un grand centre tout près de chez moi…
Bingo ! Ils le font : sur les 3 radiologues, un le fait.
La secrétaire me donne rv et me dit que je dois passer chercher une ordonnance car il y a un produit à utiliser pendant l’examen. Je prévois de passer le lendemain

Je passe donc le lendemain. La nénette farfouille dans ses dossiers et me tend une feuille notée « angiographie » (je crois). Tiens, ce n’est pas pour moi çà ?
« ne vous inquiétez pas, c’est une feuille commune à plusieurs examens »
Ah ? Je vois néanmoins que cette ordonnance mentionne le nom d’un médoc qui est un produit iodé. C’est utilisé en radiologie, pour les hystéroGRAPHIES par exemple.
Du coup, la secrétaire perd de son assurance, elle va chercher une collègue qui n’est pas plus avancée et elle-même va chercher un radiologue.
Celui ci me prend mon ordo qui mentionne HSC et me dit sur un ton professoral qu’ils ne font pas cet exam en radiologie. Aaah…. La secrétaire a entendu hystéroscopie et a donné un rv pour une hystéroGRAPHIE……… magique !!!
La secrétaire demande tt d’un coup pourquoi je ne la fais pas au centre. Comme je réponds qu’il n’y a pas de place elle me suggère de retéléphoner car ils se sont sûrement trompés, comme eux !
J’avance que comme c’est de l’imagerie (on m’a parlé d’une caméra), je pensais qu’ils le faisaient

Non, ce n’est pas de l’imagerie. Aucun radiologue ne pratique cet examen.

Euh… faudrait aussi mettre au courant vos secrétaires…

Il me suggère de voir si ma gynéco ne les fait pas. Ben… non !

Je suis en colère et triste. Le sentiment d’avoir à faire à des incapables me mine.

J’essaie de téléphoner à un des CHU de la ville…  je dois rappeler à 14h pour avoir la secrétaire…

Entre temps, j’essaie une clinique. On me répond alors qu’il n’est pas 14h…
Ils font les HSC, mais… si je veux un rv chez eux, je dois d’abord aller voir en consult un gynéco de leur clinique pour qu’il me fasse l’ordo!
Avec l’ordo d’un gygy autre, ils ne prennent pas la patiente.

Mes nerfs lâchent, je pleure de rage.

Je rappelle le CHU. La secrétaire me propose tout naturellement un rv le vendredi prochain.
Je lui fais répéter 2 fois qu’on parlait bien d’une SCOPIE…..

Le stress retombe ouf!

Une grosse semaine s’écoule. Çà y est, le jour du rendez vous est là

Je me pointe avec 3/4h d’avance… le secrétariat n’est pas encore ouvert…

14h05, je m’enregistre au secrétariat, je paie, je reçois ma facture pour la mutuelle et ma planche d’étiquettes sous le bras, je monte au bloc.
Çà fait étrange de s’entendre dire que çà se passe au bloc. Çà fait tout de suite artillerie lourde…  je me perds un peu dans les couloirs mais je trouve assez vite le bloc.

Une infirmière m’ouvre la porte. Elle se présente, Audrey, l’infirmière de salle. On passe dans le vestiaire des infirmières. Je me demandais combien de pas de tenue de ville et chaussures j’allais faire dans le bloc. réponse: 5 (en faisant des petits pas!)

Audrey me dit que je peux garder mes sous-vétemts et mes chaussettes et même le débardeur que j’ai sous mon pull. Eh oui, le chauffage n’est pas inclus dans la conception des blocs.

Et comme je ne vais pas traverser le bloc à moitié à poil, j’enfile une blouse verte. Enfin, 2, une par-devant et une par derrière. Histoire qu’on ne voit mes fesses. Je suis très touchée que l’infirmière pense à m’en proposer 2.
Puis, je mets des surchaussures par-dessus les chaussettes et une charlotte.

Je suis fin prête à aller dans la salle d’examen.
Vous visualisez?
Une nana avec 2 blouses l’une sur l’autre qui arrivent à mi-mollet, en chaussettes noires et surchausses blanches et charlotte bleue, qui tient un sac à main marron….
Vous avez fini de rire?
Je continue!

Comme par hasard, la salle est à l’autre bout du couloir. Heursement, on ne croise pas grand monde (et pi…. En fait, m’en fous un peu de mon look, je n’y pense pas vraiment, je pense plutôt à ce qui m’attend)

La salle est bien petite. Çà me rassure…. On est au bloc mais çà ne ressemble pas aux salles d’op des ponctions et encore moins à celles que j’ai fréquentées dans mes stages.
Audrey prépare le matos.
Je suis assise sur la table gynéco. Je n’ai pas à m’installer tant que le médecin n’est pas là, j’ai même ma culotte. C’est bête, mais çà aide vachement à ne pas se sentir encore plus vulnérable.
La gygy arrive. Je suis contente, c’est une femme. Je ne sais pas pourquoi je suis plus rassurée que si çà avait été un homme.

Bon, là, j’enlève quand même ma culotte et je cale mes jambes.
La gygy me met des champs sur les jambes et s’inquiète de savoir si je n’ai pas froid. Encore une fois les champs sont si bien mis que je ne me sens pas nue du tout.
La gygy se renseigne du pourquoi je suis là.

Je lui dis que l’hystérographie m’avait fait super mal.
Elle est honnête, elle dit que la douleur est comparable. (Je préfère çà au discours « je vous assure on ne sent rien » sauf qu’on s’aperçoit très vite que la personne n’a jamais fait cet exam). Et elle me dit que si j’ai trop mal, elle arrête!

Elle demande à l’infirmière d’allumer le plafonnier (l’énorme suspension qui crache un max de lumière et vous éblouit)…. Le bouton est cassé.
Aïe, je me dis que çà va faire un cirque, que la gygy ne verra pas clair, qu’elle ne sera pas douce.
Audrey propose d’aller en salle de curetage (le nom me fait frémir). Bon, s’il faut bouger on bouge mais j’ai déjà enlevé ma culotte moi!
Finalement, la lumière normale suffit.

Je ne vois pas l’écran. Dans un sens, j’aimerais voir cet écran, par curiosité scientifique. Mais pour avoir été en situation similaire lors d’une ponction, je sais que je ne le regarderai pas.
Dans ces cas là, je me concentre sur une imperfection du plafond, et je la fixe tout le temps que dure l’examen ou la ponction. Je ne les cherche pas ces imperfections mais j’en trouve dans toutes les salles! Coulure de peinture, écaille…

– Je vais poser le spéculum. Çà va
– oui :-))

– çà va
– ouiii

« çà va piquer un peu, inspirez
Bon, jusque là, je supporte plus que bien. Jusque là….

Elles font couler une solution saline (enfin, du sérum physiologique selon ma vue). C’est pour dilater la cavité.

– Çà va?
Je veux répondre mouais, mais je crois que je dis grrrrrouais

Je retrouve la sensation (moins pire avouons le) que j’avais eue lors de l’hystérographie. A l’époque, je ne savais pas du tout ce que c’était.
J’ai l’impression que mes intestins sont remplis de gaz qui ne demandent qu’à sortir. (d’ailleurs lors de la graphie, je croyais que c’était çà et ma plus gde trouille était de lâcher un bruit incongru). Là, je sais que je ne « risque » rien, je respire pronfondément et je regarde de plus en plus attentivement la goutte de peinture solidifiée au-dessus de ma tête.

« On attend que la cavité se remplisse pour faire les clichés. »

Inspire, souffle. Gémissement contrôlé. Reinspiration…. J’ai mal, j’ai chaud. Souffle, quelle drôle de forme cette goutte de peinture, inspire ou souffle, je ne sais plus….

Et j’entends l’imprimante qui se met en route.
Je n’ai pas compté les clichés.
À un moment j’entends que çà bippe, comme si quelque chose était coincé ou bien il n’y a plus de papier. Aie, super, va falloir qu’elles aillent chercher du papier et je vais rester plantée là.
Mais non, j’entends un nouveau cliché qui sort.

Puis la gygy dit que c’est fini.
Elle me félicite. D’ailleurs je crois qu’elle m’encourage aussi pendant l’examen.
Çà fait plaisir. On a mal pareil, mais çà fait plaisir.

Elle enlève le spéculum. Je n’ose pas bouger, j’ai peur qu’il y ait encore qqch à enlever.
Elle me dit que ma muqueuse est belle, il n’y a ni polypes ni fibromes.
Elle me redit que j’ai été courageuse (enfin, quelque chose du genre) et me dit au revoir en ajoutant de ne pas baisser les bras.

J’attends un peu avant de me lever. J’ai des crampes aux mâchoires qui s’estompent doucement.
Je me lève, je remets ma culotte et repars accompagnée d’Audrey dans la même tenue qu’à l’aller.

Je n’ai quasi plus mal au ventre. La douleur s’en va très vite.

Vestiaire: je me rhabille, je dis au revoir à Audrey. Direction… le taf.

J’aurais voulu remercier Audrey. Je n’ai pas pu ; pas pensé, pas osé, pas eu le temps.
Les infirmières qu’on croise dans ces moments là sont très importantes, on ne se sent pas abandonnée et vulnérable.
Merci Mesdames.

Atropine

Trouble de la fertilité:

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