Le spermogramme représente l’examen de première intention à réaliser chez l’homme en cas d’hypofertilité du couple.

C’est un examen visant à analyser les spermatozoïdes.

Dans la plupart des cas, le sperme est recueilli par masturbation (de préférence au laboratoire) dans un récipient stérile. Une période d’abstinence de 2 à 5 jours est recommandée.

L’abstinence augmente effectivement le nombre de spermatozoïdes dans l’éjaculat, mais elle enrichit surtout le sperme en vieux spermatozoïdes beaucoup moins fécondants voire pas fécondant du tout et  moins mobiles. D’un point de vue physiologique, ce n’est donc pas une bonne idée que de vouloir réserver les spermatozoïdes pour le « bon jour », sauf dans le cas particulier des rapports programmés avec déclenchement de l’ovulation et insuffisance spermatique, où une abstinence de 3 jours maximum est acceptable.
Ces deux à trois jours sont aussi recommandés pour les inséminations ou la FIV.

Pour toutes les réponses à ces questions, je vous conseille l’excellent livre sur la PMA paru en 2017 :

Il convient de se laver les mains soigneusement et de réaliser une toilette intime avant le recueil.
Certains laboratoires permettent de réaliser le recueil chez soi et de leur apporter le prélèvement ensuite. Il convient de bien respecter leurs instructions (notamment en termes de délai) afin de ne pas fausser le test.

En règle général, le prélèvement doit être gardé au chaud (à 37°c) et apporté au laboratoire dans un délai de 30 minutes.

En cas d’azoospermie, une intervention est nécessaire pour recueillir le sperme au niveau des canaux déférents, de l’épididyme ou des testicules. (en savoir plus: Techniques de recueil des spermatozoïdes en cas d’azoospermie)

Différents paramètres vont alors être étudiés:

La viscosité:

Le sperme doit se liquéfier en moins de 30 minutes à 37°c

Le volume:

Le volume de l’éjaculat doit normalement être compris entre 2 et 6 ml.

Un volume trop faible ou trop élevé témoigne d’un dysfonctionnement de la prostate et des vésicules séminales, et compte tenu de l’interaction entre le plasma séminal et les spermatozoïdes on peut facilement imaginer un effet délétère sur la mobilité et sur le pouvoir fécondant.

On parle d’aspermie en absence d’éjaculat, voire en cas de volume inférieur à 0,5 ml. C’est souvent la conséquence d’une éjaculation rétrograde ou d’une anéjaculation (absence d’éjaculation).

On parle d’hypospermie pour un volume inférieur à 2 ml. Elle peut être la résultante d’un problème technique de recueil du sperme, d’un déficit de sécrétion par les glandes (prostate, vésicules séminales), d’une éjaculation rétrograde, ou d’un trouble de l’éjaculation.

Un volume inférieur à 1.5 ml est en lui-même source de problème, essentiellement à cause d’un mauvais contact glaire/ sperme. D’autre part, le sperme possède un pouvoir tampon, c’est à dire qu’il a pour rôle de neutraliser l’acidité vaginale (pH3). Les petits volumes auraient en plus un pouvoir tampon diminué qui participerait également à l’infertilité.

L’hyperspermie est caractérisée par un volume total de l’éjaculat supérieur à 6 ml. Une augmentation du volume de l’éjaculat doit faire rechercher une infection des glandes annexes (vésicule séminale et prostate). Elle peut être due aussi à une abstinence trop longue.
Au-delà de 6 ml, le volume peut aussi jouer un rôle dans l’infertilité, par dilution des spermatozoïdes, et évacuation trop rapide du sperme lors de la relation sexuelle, débordement vaginal.

Le pH: (ou degré d’acidité du sperme)

Il est généralement compris entre 7,2 et 8 et dépend de la sécrétion des glandes annexes. Un résultat anormal provient généralement d’une atteinte au niveau de ces glandes. (en savoir plus: Anomalies de pH du sperme)

La numération des spermatozoïdes:

Le nombre de spermatozoïdes, est normalement de 20 à 200 millions par millilitre et supérieur à 40 millions par éjaculat.

On parle d’oligospermie lorsque la quantité est inférieure à 20 millions/ml. Elle est qualifié de sévère si les spermatozoïdes sont inférieurs à 5 millions par mL.

La fécondité naturelle n’ est pas diminuée  tant qu’ il y a au moins 5 millions de spermatozoïdes de forme normale, bien mobiles par millilitre de sperme.

On parle de polyspermie lorsque la concentration dépasse 200 millions/ml.

On parle d’azoospermie lorsqu’aucun spermatozoïde n’est retrouvé dans 3 spermogrammes consécutifs réalisés à 3 mois d’intervalle. (en savoir plus: La cryptospermie ou azoospermie incomplète)

La présence de cellules germinales:

Les cellules germinales sont les cellules de base qui évoluent vers le spermatozoïde après une transformation complexe.

Le pourcentage de ces cellules dans le sperme ne doit pas dépasser 10%. Un taux supérieur doit faire penser à un trouble de la synthèse des spermatozoïdes. (voir: la spermatogénèse).

Le taux de globules blancs:

Le taux de globules blancs (leucocytes) dans le sperme doit être inférieur à 1 million par mL. C’est un marqueur de l’existence d’une infection (leucospermie).

Il est reconnu que la leucospermie a un effet néfaste sur la fécondance des spermatozoïdes.

Les agglutinats:

La présence de spermatozoïdes agglutinés dans le sperme doit faire rechercher des anticorps anti-spermatozoïdes.

La proportion de spermatozoïdes vivants: (la vitalité)

Elle doit être de 75% minimum.

Si aucun spermatozoïde n’est vivant, on parle de nécrospermie. Elle peut être due à une infection ou un problème oxydatif.

La mobilité:

La mobilité des spermatozoïdes s’observe à différents temps :

  • – 1 heure après le recueil: 50% minimum de spermatozoïdes doivent être mobiles.
  • – 3 heures après le recueil, 30% minimum de spermatozoïdes doivent être mobiles

On parle d’asthénozoospermie lorsque moins de 50% des spermatozoïdes sont mobiles 1 heure après le recueil (asthénozoospermie primaire) et lorsque moins de 30% des spermatozoïdes sont mobiles 3 heures après le recueil (asthénozoospermie secondaire). (en savoir plus: Classification de la mobilité des spermatozoïdes)

La mobilité diminuée (asthénie) peut avoir trois origines :
– une malformation au niveau du flagelle (non corrigeable) et ceci est interprétable à partir de la description des anomalies (spermocytogramme): flagelles enroulés, angulation, pièce intermédiaire grêle etc. ou visible uniquement en microscopie électronique (après un grossissement de 1 million de fois ; on parle alors d’anomalies ultra structurales – pathologie rare)
– la présence d’anticorps anti-spermatozoïdes dirigés et fixés sur le flagelle ce qui modifie l’amplitude du battement flagellaire et donc sa progressivité
– la mauvaise qualité du plasma séminal (spermatozoïde bien constitué, pas d’anticorps). Le fait de placer les spermatozoïdes dans un milieu synthétique riche et approprié permet alors de booster la mobilité, d’augmenter le pourcentage de bonne mobilité et d’utiliser l’insémination intra utérine plutôt que la FIV.

Le pourcentage de formes normales:

Le pourcentage de spermatozoïdes de forme normale doit être au moins de 30%.

On parle de tératospermie pour une valeur inférieure. (en savoir plus:Types d’anomalies morphologiques du spermatozoïde)

En dessous de 12% de formes typiques, la seule alternative est la FIV avec micro injection (FIV ICSI).

Il a été prouvé qu’il existait, dans des conditions parfaitement normales, des fluctuations importantes des différents paramètres du sperme. Ceci résulte des conditions de prélèvement, du délai d’abstinence et de l’imprécision de certaines mesures.

Toute interprétation est donc difficile sur une seule mesure.

Un spermogramme déficient devra donc être renouvelé au minimum 3 mois plus tard (car la durée de la spermatogénèse et du transport des spermatozoïdes dans les différents canaux est estimée à 3 mois) pour confirmer ou infirmer le résultat.

Avec un spermogramme déficient, on peut s’orienter vers un urologue ou un endocrinologue.

Selon les résultats, le médecin peut prescrire :

– des dosages sanguins

– une échographie testiculaire

– une biopsie

Bilan d’infertilité chez l’homme:

Le spermogramme

Les analyses supplémentaires sur le sperme

Le bilan sanguin hormonal

Les examens génétiques: caryotype, délétion du chromosome Y, mucoviscidose

L’échographie des voies génitales masculines

La biopsie testiculaire

Tests d’évaluation du pouvoir fécondant des spermatozoïdes

Trouble de la fertilité:

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