FERTILITE MASCULINE ET TABAC:

En fait si tout le monde s’accorde sur la nocivité du tabac pour la santé, les avis sont très partagés sur l’influence du tabac sur la spermatogenèse.
Pour les plus pessimistes la consommation régulière de tabac conduirait à une diminution de 20 % de la numération, de la mobilité et à un degré moindre du pourcentage de formes typique des spermatozoïdes.
Ces anomalies disparaîtraient après un an de sevrage.
Le tabac serait également responsable d’un mauvais fonctionnement des corticosurrénales, de la thyroïde, de l’hypophyse (prolactine), du testicule avec chute de la testostérone et élévation de la FSH.
Le tabac agirait aussi sur l’ADN des cellules à renouvellement rapide, avec augmentation du rapport simple brin d’ADN /double brin d’ADN responsable d’une diminution de la fertilité.

En fait il est difficile d’isoler le rôle du tabac d’autres facteurs environnementaux tels que phytohormones, herbicides, pesticides, toxiques industriels……

S’il est probable que le tabac a une incidence sur la fertilité des hommes déjà hypofertiles, son rôle est hypothétique chez les sujets normalement féconds.

En FIV le taux de succès serait de 18 % chez les fumeurs contre 32 % chez les non-fumeurs. L’écart serait encore plus important en ICSI. Des lésions de l’ADN seraient responsables d’altération de développement de l’embryon.

FERTILITE FEMININE ET TABAC:

Plus probantes sont les études portant sur la diminution de la fertilité de la femme en fonction de son tabagisme ou non.
Globalement la fécondité diminue de 15 % pour une première grossesse et concerne également le délai d’attente avant l’obtention d’une deuxième grossesse.
Il existe un effet dose-dépendante avec une fertilité de 78 % chez les fumeuses de plus de 20 cigarettes/ jour contre une fertilité de 100 % chez les non fumeuses, ou après le sevrage.
En clair, plus la femme fume et plus le délai de conception s’allonge, il est à peu près le double chez la fumeuse par rapport à la non fumeuse.

Les effets du tabac se font sentir :
– au niveau des trompes avec une forte proportion d’infections génitales hautes (risque de lésions tubaires x 1.6), mais aussi au niveau cervical et de grossesses extra-utérines (risque de GEU double pour 10 cigarettes par jour et triple pour 20 cigarettes par jour). 20 % des GEU seraient imputables au tabac, en relation avec un mauvais péristaltisme tubaire nécessaire à la migration de l’œuf vers l’utérus.
– au niveau de l’ovaire avec un fort épuisement précoce de la réserve ovarienne  (12.8 % contre 4.8 % chez les non fumeuses), c’est-à-dire avancement de l’âge de la ménopause.
– polyploïdie (anomalies chromosomiques) embryonnaire, responsable d’un nombre accru de fausses couches.
– mauvaise implantation de l’œuf, liée au retard de clivage embryonnaire (dose-dépendant) : la probabilité pour avoir un embryon à 4 cellules à 48 h qui est de 87 % pour les consommatrices de 1 à 15 cig. /j n’est plus que de 52 % au-delà.
– Il faut connaître en plus l’impact négatif de la consommation du tabac sur la viabilité de la grossesse au premier trimestre, donc le tabagisme est responsable de FC du premier trimestre.
– Enfin en FIV le taux de succès passe à 15 % pour les fumeuses contre 23 % pour les non fumeuses.
– Avec plus de 10 cigarettes par jour, on diminue de 7 % les chances d’entamer une grossesse pour chaque ovule prélevé.

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